
Le débat déclenché par le documentaire de la BBC montrant des actes de maltraitance graves sur des personnes handicapées dans un foyer près Bristol, au Royaume-Uni, et portant sur la qualité des services d’assistance et des risques de négligence dans de grands centres d’isolement est à nouveau à l’ordre du jour de l’agenda politique en Europe. Ce documentaire montre comment le personnel maltraite les utilisateurs de service de manière systématique. Aucun signe des caractéristiques principales des services d’assistance de qualité, comme un encadrement individualisé permettant aux gens de faire des choix et leur implication dans la conception et la fourniture du service. D’un point de vue des droits de l’homme et selon la perspective du fournisseur de service, nous confirmons à nouveau que des modèles communautaires d’assistance et de service sont essentiels pour minimiser le risque d’abus, garantir une bonne qualité de vie et une implication active dans la société. Les services communautaires sont des services fournis à la communauté locale (vie autonome ou services de logement avec assistance) choisis librement par les utilisateurs de service, en fonction de leurs besoins d’aide. Les faits de maltraitance mis à jour par ce documentaire sont d’une gravité sans nom. La European Association of Service Providers for Persons with Disabilities (EASPD – Association européenne des fournisseurs de services pour personnes en situation de handicap) pense que le potentiel de maltraitance est endémique à tous les services d’isolement et non réglementés, en particulier lorsque le marché pousse les coûts à la baisse.
Les fournisseurs d’assistance doivent faire partie de la solution, et non du problème
« En regardant ce documentaire, mes sentiments étaient partagés, » déclare Franz Wolfmayr, président de l’EASPD. « Colère et honte. De la colère parce que ce type de maltraitance et de violation des droits de l’homme semble toujours exister, et de la honte pour la bonne et simple raison que ces services devraient aider les gens à vivre une vie décente de citoyens respectés. De tels services ne doivent pas avilir les gens. Les autorités vont créer les bonnes conditions pour la création de services de qualité. »
Des actions immédiates sont possibles
L’EASPD en appelle aux états membres et aux institutions européennes pour :
o Développer des stratégies de désinstitutionalisation disposant de bonnes ressources dans tous les états membres et les pays candidats. Ces plans devraient être établis en étroite collaboration avec les utilisateurs et les fournisseurs de service.
o Éviter une approche excessivement ciblée sur les bénéfices et la réduction des coûts par les commissaires et les fournisseurs dans le secteur de la santé et social.
o Utiliser pleinement le Fonds Structurel afin de faciliter l’établissement de systèmes d’assistance communautaire et pour recycler le personnel actif dans le secteur.
o S’assurer que les services sont régulés de manière indépendante.
o Fournir des fonds durables et des cadres juridiques stables pour des services centrés sur la personne novateurs, et pour réallouer les fonds des grands centres d’isolement.
o Inclure des paramètres de qualité de vie, d’inclusion et de participation à la communauté comme indicateurs majeurs de résultat dans les systèmes d’assurance de la qualité. Ces systèmes devraient être basés sur le Cadre de Qualité volontaire lancé par le Comité de Protection Sociale.
o Mettre en œuvre des stratégies d’apprentissage tout au long de la vie pour le personnel, et organiser un vrai dialogue social sur les conditions de travail du secteur.
L’EASPD, qui représente plus de 9000 organisations de service, veut travailler avec les utilisateurs, leurs familles et les autres parties prenantes, afin de combattre ces dangers dans toute l’Europe.