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« Les prestataires de services sociaux et les députés européens: ‘Coopérons sur un plan d’action pour la création d’emplois’ »


Bruxelles, 31 Mars 2015
Les prestataires de services sociaux et les décideurs politiques se sont réunis le 26 mars au Comité économique et social européen à Bruxelles et ils ont travaillé ensemble pour voir comment remettre l’investissement social dans l’agenda de la Commission européenne. La séance petit-déjeuner était organisée par Social Services Europe, qui rassemble huit réseaux transeuropéens de prestataires de services sociaux sans but lucratif. Grâce à l’adhésion de ses membres, Social Services Europe représente plus de 100,000 organisations dans toute l’Europe.

 

Dans un contexte où les niveaux de chômage et de pauvreté sont si élevés, le programme de travail 2015 de la Commission échoue à considérer adéquatement la nécessité absolue d’investissement social. Les orateurs invités ont discuté des solutions pour aborder ce changement d’agenda, ainsi que des défis supplémentaires auxquels le secteur social et celui de la santé font face.
 
La réunion était accueillie par Ariane Rodert, vice-présidente du groupe 3 du Comité économique et social européen, qui a souligné qu’il était temps d’agir maintenant et de collaborer plus étroitement pour améliorer les conditions des prestataires de services à but non lucratif. “Nous avons besoin d’avoir un plan d’action commun”, a-t-elle dit, observant la nature fragmentée de la nouvelle Commission lorsqu’il s’agit de questions sociales. “Nous avons également besoin de politiques sociales fortes pour soutenir l’Europe, et les dimensions sociales et économiques doivent être en harmonie”, a-t-elle ajouté.

 

A cet égard, l’eurodéputé Heinz Becker (PPE/AT) a exprimé sa déception vis-à-vis du président de la Commission, Jean-Claude Juncker pour son échec apparent d’adhérer à sa promesse de devenir un ‘gardien de l’Europe sociale’, ajoutant que la Commission doit être la première cible pour les défenseurs de l’investissement social, étant donné l’actuel manque de conscience de la valeur ajoutée du secteur.

L’eurodéputé Jutta Steinruck (S&D/DE) partage cette préoccupation.  »Nous, en tant que Parlement, devons faire notre devoir. Nous devons fortement soutenir le secteur des services sociaux comme l’un des secteurs clés de nos sociétés » a-t-elle observé. Un aspect vital pour Mme Steinruck est d’exploiter l’important potentiel de création d’emplois du secteur – mais il est important de s’assurer que ces emplois procurent aux travailleurs des carrières prometteuses.

 

En s’appuyant sur la problématique des conditions de travail du secteur, l’eurodéputé Jean Lambert (Verts/UK) a parlé du risque des contrats sans horaires et des agences d’interim, qui au Royaume-Uni donne lieu à de mauvaises conditions de travail qui sont fortement associées au secteur. Finalement, Mme Lambert a recommandé la Loi sur les services publiques (valeur sociale) du Royaume-Uni comme un exemple potentiel de bonnes pratiques qui doit être imité par les autres Etats membres dans leur traitement des procédures des marchés publics étant donné que les autorités responsables ont le devoir d’examiner la valeur sociale ajoutée lorsqu’elles lancent un appel d’offres.

 

Concetta Cultrera, DG Emploi de la Commission Européenne, a répondu aux affirmations qui disaient que la Commission ne fait rien pour les prestataires de services sociaux. Elle a mentionné par exemple que des progrès ont été accomplis dans les nouveaux marchés publics et les règles en matière d’aide d’état. A propos du “paquet investissements sociaux”, elle a défendu l’importance de promouvoir l’investissement dans les services sociaux comme un “investissement judicieux, grâce à l’effet d’inclusion social des services sociaux et grâce au potentiel de création d’emplois.”
Modérateur des débats, membre du conseil d’administration de Social Services Europe et secrétaire général de Caritas Europa, Jorge Nuño Mayer a bien accueilli les contributions de Mme Cultrera, ajoutant que les relations entre les prestatires de services sociaux et la Commission européenne sont parfois tendus dus à la “double personnalité” de cette dernière, qui voit l’institution travaillant selon deux paradigmes – “le paradigme économique et le paradigme des personnes”.

 

Laura Jones, Responsable principale de la politique et du développement des membres à Eurodiaconia, a repris la perspective de Mme Cultrera sur les marchés publics, déclarant que la Commission européenne devrait “donner des indications claires sur la manière dont les autorités publiques peuvent sous-traiter des services de qualité et assurer de bonnes conditions de travail du personnel”. Elle a ajouté que “les prestataires de services seraient très disposés à coopérer avec le Parlement européen pour échanger les bonnes pratiques dans les contrats publics, en particulier pour des services sociaux et médicaux de qualité”.
 

Luk Zelderloo, membre du conseil d’administration de Social Services Europe et secrétaire général de l’Association européenne des Prestataires de Services pour Personnes en situation de Handicap (EASPD) a demandé que soit établi un plan d’action qui prenne en compte les nombreux défis et complexités du secteur – de l’inadéquation entre l’offre et la demande aux problématiques des conditions de travail, des problématiques des genres à la fuite des cerveaux des professionnels compétents d’Europe central et de l’Est.

 

Leon Prop, président de Social Services Europe et directeur du bureau de la Croix Rouge auprès de l’UE, a rappelé le rôle important que les prestataires de services à but non lucratif jouent dans le soutien des personnes vulnérables dans les communautés locales, en soulignant l’expérience commune d’une demande croissante de prestataires de services sociaux dans toute l’Europe. “Les prestataires de services souhaitent unir leurs efforts à ceux des décideurs politiques pour remettre l’investissement social dans l’agenda de l’UE, l’investissement social ne devrait pas être considéré comme un coût mais comme un investissement qui aura des retombées sociales, réduira les coûts futurs et aura un rendement d’investissement” a-t-il dit.

 

En conclusion, Freek Spinnewijn, membre du conseil d’administration de Social Services Europe et directeur de la Fédération Européenne des Associations Nationales Travaillant avec les Sans-Abri (FEANTSA), a fait remarquer que la déclaration sur le Triple A donne aux défenseurs de l’investissement social une opportunité que l’on ne peut ignorer de faire pression sur les décideurs politiques. “Je ne peux pas m’empêcher de penser que Juncker regrette d’avoir parlé de la notation sociale Triple A, mais il l’a dit, et nous devrions l’exploiter le plus que possible”