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L'observatoire européen des ressources humaines: Trouver un emploi dans le secteur des services sociaux et d’accompagnement: quels sont les tendances en Europe?

Quelle est la situation des employés  dans le secteur des soins de santé et d’accompagnement? Se dégagent-ils des tendances communes en Europe en ce qui concerne les salaires,  les conditions de travail et les besoins en matière de formation du personnel? Quel a été l'impact des coupes budgétaires sur le secteur? Suite à la création de l'Observatoire européen des ressources humaines en 2014, l'EASPD présente les premiers résultats de la recherche effectuée par le Prof. Dr. Jane Lethbridge. La recherche porte sur les exigences quant à la formation et à l'éducation dans le secteur du handicap, la situation des employés  et le potentiel de création de futurs emplois de la prestation de services sociaux.
 


Le secteur des travailleurs pour des personnes âgées ou en situation de handicap est l'un des secteurs qui se développe le plus rapidement en matière de création d’emplois en Europe.. Cependant, il y a des signes indéniables que les mesures d'austérité entravent cette expansion, même si la demande pour les services sociaux restera élevée, en égard à la population vieillissante d'Europe. Les coupes budgétaires n'affectent pas seulement la disponibilité et l'abordabilité des services, mais aussi les conditions de travail et la qualité des services en général. Bien que les résultats varient légèrement d'un pays d'Europe à l'autre, la recherche démontre que de manière générale, le secteur est caractérisé par des besoins élevés de formation, des emplois faiblement rémunérés et de niveau inférieur et des contrats à temps partiel.

 

Des tendances similaires en Europe

Cette recherche a identifié des tendances similaires à travers l'Europe que nous devons aborder pour garantir une main-d'oeuvre de haute qualité, motivée et qualifiée afin de fournir des services de première qualité, totalement adaptés aux besoins des personnes en situation de handicap.

 

Les procédures de recrutement, les pénuries de personnel et le manque de normes de formation:
Le 36% des répondants à l'étude ont reporté qu'aucune qualification n'était nécessaire pour commencer à travailler dans le secteur des services sociaux et d’accompagnement (niveau débutant), contrairement au 44% qui signalaient qu'une qualification professionnelle était obligatoire. Néanmoins, dans plusieurs pays, les travailleurs des soins de base doivent avoir acquis une éducation de niveau secondaire afin d'être embauchés. Dans de nombreux pays d’Europe, la pénurie de travailleurs d'aide sociale et/ou de normes insuffisantes en matière de recrutement aboutit à un personnel sous-qualifié. Le manque de travailleurs sociaux touche en particulier les régions rurales

 

Alors que dans les pays d'Europe occidentale, de nouveaux systèmes de formation sont mis en place (Allemagne, Pays-Bas), en Europe centrale et orientale des tentatives ont été faites pour améliorer le niveau des qualifications exigées pour être admis à l'emploi dans le secteur (Hongrie). Il n'y a cependant pas la même tendance vers l’amélioration des niveaux de formation. En Angleterre, il y a eu une tentative pour introduire une qualification professionnelle à niveau national pour tous les travailleurs, mais cela a été abandonné à cause des difficultés de recrutement du personnel, en raison de coupes budgétaires. Dans certains pays comme l'Autriche, des contrats entre les prestataires de services et les autorités régionales définissent le niveau de qualification, avec ce ratio étant de plus en plus déterminé par le niveau de financement.  

 

La recherche conclut qu'il y a quelques mesures mises en place pour améliorer le niveau de qualification, mais les bas salaires dans le secteur rendent le recrutement difficile dans de nombreux pays. En Bulgarie par exemple, les travailleurs sociaux peuvent être payés moins de 1€ de l’heure. En outre, l'impact des politiques d'austérité sur les budgets pour le secteur des soins de santé et de l’accompagnement se traduit par des pressions pour réduire les coûts de personnel, soit en réduisant le niveau de qualifications requises ou par des salaires plus bas, Par conséquent, les candidats peuvent travailler dans le secteur sans aucune qualification ou expérience pertinente, et dans certains cas les organisations sont tenues de les former.

 

Le secteur du handicap fait face à d'importants changements comme le passage d'un modèle médical à un modèle social, plus conforme à la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées.Par conséquent, il y a toujours un besoin important pour la formation dans toutes les catégories de la population active du secteur social, tel que rapporté par  la majorité des répondants de l'étude (61% des prestataires de services et 78% des organisations faîtières).

 

La mobilité de la main-d'oeuvre:
Malgré l'existence de plusieurs barrières (compétences linguistiques, la transférabilité des qualifications), il y a une tendance de hausse progressive des travailleurs sociaux traversant les frontières pour trouver du travail. Lors de l’analyse de la mobilité, il est également important de prendre en compte la situation économique du secteur dans chaque pays. La recherche montre deux tendances principales. Premièrement, les pays européens faisant face à une “fuite des soignants”, où les travailleurs de soins qualifiés se déplacent vers d'autres pays pour trouver un travail mieux rémunéré. Cette situation nuit aux organisations dans le pays d'origine, car ils ont utilisé leurs ressources pour former les futurs travailleursmigrants. Deuxièmement, les pays européens nécessitant des travailleurs de soins sociaux où les allocations  publiques pour les soins sont parfois utilisées pour employer un travailleur migrant de manière informelle sans formation ni sécurité d'emploi.

 

7 recommandations pour le secteur:
  • Formation au niveau de l’UE: des compétences minimales pour travailler avec les personnes en situation de handicap devraient être validées à travers l'Europe, y compris l’implication des usagers dans la formation.
  • Contrôle de la qualité et mesures claires pour définir la qualité des services: élaboration d'une norme générale de financement et d’un cadre de qualité pour les services au niveau européen.
  • Partager les expériences et les pratiques innovantes en matière de recrutement et de l'induction à travers l'Europe pour améliorer les normes des services de soins.
  • Renforcer le processus de consultation entre les gouvernements nationaux et les prestataires de services pour montrer aux décideurs politiques l'importance des conditions salariales et de travail dans le secteur des soins de santé et de l’accompagnement.
  • Identifier les politiques efficaces et inefficaces au niveau national
  • Établir une "culture de l'apprentissage" pour avoir un consensus transnational sur les compétences nécessaires pour travailler avec les personnes en situation de handicap.
  • Développement du Certificat européen de Soins et soutien aux initiatives d'apprentissage en ligne (e-learning). 
 

Le secteur du handicap fait face à plusieurs défis quant au futur de la prestation de services. L'approvisionnement d'une main-d'oeuvre expérimentée et bien formée sera indispensable et dépendra de deux aspects essentiels: des nouvelles opportunités de financement et l'engagement politique. Il y a un potentiel de création d'emplois qui reste à explorer dans le secteur.

 

Lire l'intégralité du rapport de recherche

Le rapport de recherche Renforcement de la main-d'oeuvre pour les personnes en situation de handicap: Une première cartographie à travers de  l’Europe (en anglais) a été développé par l’OERH et menée par Prof. Dr Jane Lethbridge, de l’Unité de recherche internationale des services publics; de l'Université de Greenwich. 89 organisations prestataires de services de l'EASPD venant de 18 pays européens ont participé d’abord à une enquête en ligne pour  cette recherche, dont 44% emploient plus de 250 personnes et dont 56% emploient entre moins de 100 à plus de 100 000 travailleurs. En deuxième lieu, une entrevue semi-structurée a été menée avec 16 des répondants. Enfi, un groupe de réflexion, composé de membres du conseil d'administration de l'EASPD, s'est tenu à Bruxelles pour tester les conclusions et les recommandations à partir des résultats obtenus lors de l'enquête et des entrevues.

 

Note aux rédacteurs
  • L'Observatoire européen des ressources humaines (OERH) est un groupe de travail composé de membres de l'EASPD et d'experts du groupe d'intérêt sur le développement de la main-d'oeuvre et des ressources humaines. Environ un tiers des membres de l'EASPD prêtent des services liés à l’emploi des personnes en situation de handicap.

 

Personnes de contact

Nieves Tejada Castro, Responsable de la Communication de l'EASPD
Stefana Cankova, Responsable de Projets et de la gestion des Membres de l'EASPD