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Un autre scandale qui affecte les droits de l’homme : le temps est venu pour l’UE d’agir !

Une fois de plus, nous sommes les témoins des conditions de vie inacceptables dans lesquelles vivent des personnes handicapées dans toute l’Europe. Les médias ont dernièrement dénoncé un nouveau scandale ; en cette occasion, l’alarme a été donnée en Grèce dans un centre d’enfants handicapés, sous la gouverne des autorités grecques. Rapportée par la BBC, l’information décrit les lamentables conditions de vie des résidents d’un centre de Lechaina, une petite ville située au sud du territoire hellénique.
 

Cette nouvelle affaire vient rejoindre la liste sans fin des institutions en Europe qui continuent à exercer leurs activités sans aucun respect des droits inscrits dans la Convention des Nations Unies relatives aux droits des personnes handicapées et dans la Convention relative aux droits de l’enfant. Les pratiques plus qu’inadéquates et les violations des droits de l’homme qui sévissaient au centre de Lechaina avaient déjà été dénoncées par le Médiateur (Ombudsman) grec il y a trois ans dans un rapport diffusé en mars 2011. Il concluait ce qui suit : « [dans le centre il y a ] un manque considérable de services offerts aux résidents, en raison d’une pénurie de personnel et de la nature de l’institution, à savoir absence de normes, insuffisance de soins, négligence systématique des résidents et conditions de travail peu propices ». Depuis lors, peu ou pour ainsi dire rien n’a changé.

L’Association européenne des prestataires de services pour les personnes handicapées (EASPD), considère que cette situation met une fois de plus en exergue l’importance de la présence de professionnels, en nombre suffisant et compétents, dans le secteur et la nécessité de trouver une solution au niveau européen, au vu de la succession de scandales de cette nature dans bon nombre des États membres de l’Europe. Ne nous trompons pas, le problème est européen...il est impératif que l’UE agisse en conséquence et aide les États membres à améliorer leur performance dans ce domaine.   
 

Une Troika davantage axée sur les affaires économiques que sur les droits de l’homme

Lorsque cette affaire a été pour la première fois rendue publique, le Médiateur avait déjà recommandé aux autorités publiques grecques d’approuver de nouvelles réglementations et de transformer le système de prise en charge en Grèce ainsi que le modèle de soins en résidences. Le ministère du Travail et de la Sécurité sociale grec a réagi déclarant que le gouvernement grec était prêt à améliorer les conditions de vie dans cette institution ainsi que dans d’autres centres de soins analogues du pays. Il n’a cependant pas manqué de faire part des difficultés qu’il avait à recruter plus de professionnels et à améliorer la qualité des services sociaux, en raison des Programmes d’ajustement économique consécutifs et des réductions extrêmement rigoureuses des dépenses publiques imposées au peuple grec par le Troika, que représentent le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne et la Commission européenne.

Selon un rapport de l’OCDE, les dépenses sociales publiques grecques ont diminué de 20 % à 10 % du PIB depuis 2009. Malheureusement, l’EASPD regrette de constater que ceci donne l’impression que le Troika prêtait plus d’importance politique aux affaires économiques qu’aux droits humains de leurs citoyens. Il est grand temps que l’Union européenne adopte une autre façon de penser avant que les citoyens européens ne perdent confiance dans la capacité de l’UE à agir dans leur intérêt.
 

À l’aune de ces considérations, l’EASPD prie instamment l’UE :

  • D’intégrer une perspective des droits humains au cœur des politiques européennes;
  • To ensure that human rights standards become an ex ante and ex post criteria to all EU funding schemes.
  • D’évaluer et de prendre en considération l’impact qu’ont pu avoir les réductions liées à l’austérité sur la jouissance des droits humains en Europe. Ceci est réalisable en développant et en intégrant des indicateurs sociaux et sanitaires dans les processus d’élaboration des politiques européens et nationaux au même niveau – si ce n’est le niveau supérieur – que les niveaux macro-économiques.
  • De renforcer la perspective sociale dans le Semestre européen, en faisant appel à ces indicateurs pour mesurer l’impact social des recommandations spécifiques aux pays, ainsi que pour formuler des recommandations socialement orientées à l’intention des États membres de l’UE qui prennent parti au processus. Il est aussi recommandé d’appliquer la même méthode de mesure, et d’en tenir pleinement compte lors de l’élaboration de politiques futures.
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Contact

Nieves Tejada, EASPD Communications Officer