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Une étude récente du FMI prône l’investissement social pour lutter contre les inégalités

En juin 2015, le Fond monétaire international a émis une note de recherche appelée: “Causes et conséquences de l’inégalité salariale: Une perspective globale”. Bien qu’à première vue elle peut ne pas sembler particulièrement liée aux services de soutien des personnes en situation de handicap dû à son focus sur l’inégalité salariale, l’Association européenne des prestataires de services pour personnes en situation de handicap croit néanmoins qu’elle tire des conclusions qui sont intéressantes pour notre secteur, par exemple que les politiques fiscales et économiques de l’UE échouent à reconnaitre l’importance d’investir dans le capital humain et les compétences de nombreux Européens.

 


En effet, l’affirmation principale de l’étude est que “les classes moyenne et défavorisée sont celles qui importent le plus pour la croissance grâce à un certain nombre de canaux interdépendants”. Plus en détail, elle spécifie que “une hausse des revenus dans la tranche des 20 pour cent inférieure (la classe défavorisée) est associée à une plus forte croissance du PIB” qu’une hausse des revenus dans la tranche des 20 pour cent supérieure.
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L’étude ajoute que “quel que soit le niveau du développement économique, un meilleur accès à l’éducation et aux soins de santé et des politiques sociales bien ciblées, tout en s’assurant que les institutions du marché du travail ne pénalisent pas la classe défavorisée de manière excessive, peut aider à augmenter la part des revenus des classes moyenne et défavorisée” et par conséquent fortifier la croissance inclusive.

 

Bien que les auteurs de l’étude argumentent à juste titre qu’il n’y a pas d’approche universelle pour lutter contre les inégalités, ils avancent cependant que “dans les économies avancées, les politiques devraient se concentrer sur des réformes pour augmenter le capital humain et les compétences, tout en rendant les systèmes de taxation plus progressifs”.
 

Les réformes pour augmenter le capital humain et les compétences sont fortement liées à l’investissement dans les personnes, comme l’a défini la Commission européenne dans son train de mesures sur les investissements sociaux. En effet, l’investissement social consiste précisément en cela; investir dans les personnes, en adoptant des mesures pour renforcer leurs compétences et leurs capacités et leur permettre de participer pleinement au monde du travail et à la société.

A travers l’Europe, il ne fait aucun doute que les prestataires de services sociaux jouent souvent un rôle essentiel dans l’approvisionnement de ce type de soutien; en particulier pour ceux dans la pauvreté et l’exclusion sociale.
 
Pourtant, les prestataires de services sociaux doivent de plus en plus faire davantage avec moins d’argent public. Ainsi, basé sur les conclusions de l’étude, on pourrait faire valoir que les réductions des dépenses publiques décroissent l’investissement dans le capital humain et les compétences; ayant par conséquent un impact négatif sur les inégalités et la croissance économique.
 
Quelles conclusions principales l’Union européenne (UE) devrait-elle retirer de cette étude ?
D’après cette étude, les politiques fiscales et économiques de l’UE – donnant souvent lieu à une réduction des dépenses publiques dans les soins et le soutien social – n’arrivent pas à aborder adéquatement l’importance du développement du capital humain et des compétences de ses classes moyenne et défavorisée et ont par conséquent un impact négatif sur les efforts de l’Europe pour une croissance économique et une lutte des inégalités.
 
Luk Zelderloo, Secrétaire général de l’EASPD, conclut en disant que “il est temps pour l’Union européenne de réévaluer son obsession de l’austérité fiscale et de faire davantage d’efforts pour investir dans les personnes”. L’EASPD demande donc aux responsables européens d’évaluer l’étude du FMI et de prendre en compte ses conclusions dans le développement des politiques économiques, fiscales et sociales de l’Union; y compris principalement dans le processus du Semestre européen.

 

Note aux éditeurs

L’Association européenne des prestataires de services pour personnes en situation de handicap est une organisation européenne à but non lucratif, établie en 1996, qui représente actuellement plus de 11.000 services sociaux et de santé pour les personnes en situation de handicap. L’EASPD promeut des services associés au handicap efficaces et de haute qualité dans les domaines de l’éducation, de l’emploi et du soutien personnalisé. Ces services sont en ligne avec les principes de la CDPH de l’ONU, dont peuvent bénéficier, non seulement les personnes en situation de handicap, mais également la société dans son ensemble.
 

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